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Production insuffisante de lait

Signes et symptômes

Les signes et symptômes d’une production insuffisante de lait ne sont pas toujours évidents.

Il est important de questionner la mère sur les habitudes des boires afin de bien cerner la gravité de la situation : retard pondéral, bébé excessivement somnolent, bébé qui tète plus de 45 minutes par tétée ou qui semble vouloir téter de façon continue, pleurs après les boires, etc. La plupart du temps, le problème est que le bébé n’obtient pas tout le lait disponible, et non pas que la mère ne produit pas suffisamment de lait. C’est souvent le cas du bébé « paresseux », qui devient somnolent lorsque le flux de lait diminue lors de l’allaitement. D’autres facteurs peuvent donner l’impression que la mère ne produit pas assez de lait, comme lors des poussées de croissance, où le bébé demande plus souvent le lait, ou encore après la diminution du volume des seins qui survient environ deux mois post-accouchement. Ceci peut laisser croire que le volume de lait diminue, mais la production de lait augmente en général. Dans tous les cas, il ne faut pas banaliser les inquiétudes des patientes et les référer vers les bonnes sources selon les symptômes d’alarme décelés.

 
 

Tableau 1 : Causes sous-jacentes de production insuffisante de lait
États de santéMédicamentsHabitudes de vie

  • Chirurgie mammaire

  • Anémie

  • Troubles hypophysaires

  • Hypothyroïdie

  • Dépression/anxiété

  • Fatigue

  • Syndrome des ovaires polykystiques

  • Nourrisson prématuré ou malade


  • Pseudoéphédrine

  • Dérivés de l’ergot de seigle

  • *Contraceptifs oraux (voir informations complémentaires ci-dessous)

  • Vitamine B6 (> 600 mg)

  • Diurétiques


  • Alcoolisme

  • Tabagisme


Mises en garde

Gain de poids insuffisant chez le bébé (retard pondéral)
Cause médicale sous-jacente probable (voir Tableau 1 ci-dessus)
Allaitement pendant la grossesse

 
 

Traitements

Première ligne : Mesures non pharmacologiques

  • Stimuler le sein est le principe de base pour augmenter la production de lait à (au moins 8 fois par jour).
  • Plus le sein est vidé souvent, plus il produit du lait. En effet, plus le sein est vide, plus la vitesse de production du lait sera rapide. À l’inverse, plus le sein est plein, plus la vitesse de production est lente.
  • Utilisation d’un dispositif d’aide à l’allaitement (cathéter)
    • Permet de favoriser la poursuite de l’allaitement. Il doit se placer sur le sein lors de la tétée.
  • Favoriser le contact peau à peau avec l’enfant
    • Améliore la production du lait
  • Trucs pour favoriser l’écoulement du lait :
    • Se détendre
    • Faire un massage des seins
    • Utiliser des compresses chaudes
    • S’imaginer le bébé au sein
    • Penser à votre bébé
    • Se distraire en faisant autre chose (regarder la télévision…)
  • Si possible, cesser tout médicament interférant avec la production lactée
  • Aider la mère à avoir une mise au sein optimale (référer à une consultante en allaitement)

 Deuxième ligne : Médicaments qui favorise la production lactée (galactagogues)

FenugrecChardon bénit
Posologie3 capsules TID (~1500 mg chaque capsule) = 9 capsules par jour3 capsules TID ou 20 gouttes de la teinture TID
Effets indésirablesOdeur de sirop provenant de la peau et des urines, GI (flatulences, crampes, diarrhées), dyspnée, hypoglycémie, etc…Irritation gastrique et nausées/vomissements
PrécautionsPeut interagir avec les anticoagulants, antiplaquettaires et hypoglycémiantsAucune connue
Contre-indicationsVoir section « précautions »Aucune connue
CommentairesUtiliser les capsules au lieu des graines ou du thé afin d’assurer un dosage plus constant. L’effet se fait voir généralement au bout de 3 à 5 jours. Manque de données d’efficacité dans la littérature, mais demeure le principal PSN utilisé pour augmenter la production de lait.Peut être utilisé en combinaison avec le fenugrec (moins de données d’efficacité que ce dernier). Il est possible que l’emballage indique que le médicament ne doit pas être pris chez les femmes qui allaitent à cause des petites quantités d’alcool que peut contenir le médicament, mais il ne faut pas se fier à cette mention.

*Autres PSN étudiés pour la production lactée, mais dont très peu de données encadrent leur utilisation : shatavari, levure de bière, feuilles de framboisier, spiruline, grande ortie, fenouil, galéga officinal, alfalfa, etc. Ces produits ne devraient pas être recommandés pour augmenter la production lactée.
Par ailleurs, il a été clairement démontré qu’un polysaccharide contenu dans la levure de bière peut stimuler la sécrétion de prolactine, augmentant ainsi la lactogénèse. Cet effet n’est pas dû à l’alcool et les bières non-alcoolisées peuvent donc aussi stimuler la prolactine. Cependant, les résultats des études évaluant l’utilisation de bière en allaitement sont controversés, et une diminution de l’apport en lait par le nourrisson a parfois été observée (effet possiblement dû à l’alcool). Cette méthode ne peut donc pas être recommandée.

Mesures non-pharmacologiques

Voir la section Traitements

Suivi

Les mesures non pharmacologiques doivent être recommandées chez toutes les patientes qui se plaignant de production de lait insuffisante. Un suivi peut être effectué 48 à 72 heures après leur application, et une référence vers une consultante en allaitement devrait être suggérée si les MNPs seules ne suffisent pas. Quant aux galactagogues, leur efficacité se fait voir à l’intérieur d’une semaine. Un suivi peut donc être effectué 5 à 7 jours suivant leur instauration.